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Acceptabilité sociale de l’automatique embarquée

Les dispositifs ARCOS

ETUDE

Nos recherches visaient à mesurer l’acceptabilité sociale des dispositifs ARCOS : les individus sont-ils prêts à en équiper leur véhicule et à les utiliser au quotidien ? Or, il ne suffit pas que les individus soient convaincus de l’utilité et de l’efficacité d’un dispositif pour qu’ils y aient, eux-mêmes, recours. Si l’on veut prédire l’utilisation d’un dispositif d’aide à la conduite particulier, recueillir l’opinion ou les croyances des gens à l’égard de ce dispositif via une enquête classique est insuffisant. Il convient plutôt d’étudier les contraintes sociales et normatives amenant les automobilistes à utiliser ou à ne pas utiliser le dispositif. C’est pourquoi, d’après nous, il faut prendre en compte le jugement que les individus peuvent porter sur les utilisateurs du dispositif : les considère-t-on comme de bons conducteurs, auxquels on pourrait soi-même s’identifier ou, au contraire, les considère-t-on comme de mauvais conducteurs auxquels on ne souhaite surtout pas ressembler ?

Année d'élaboration :

2006

Méthodologie

Nous avons eu recourt à la méthodologie expérimentale, et non à une unique enquête par questionnaire. Pour présenter les dispositifs aux sujets, nous avons dû réaliser nous-mêmes une série de films appropriés à nos besoins. Par ailleurs, nous nous sommes appuyés sur deux paradigmes complémentaires et classiques en psychologie sociale : le paradigme des juges et le paradigme de l'autoprésentation. Dans le paradigme des juges, les sujets doivent émettre un jugement sur des individus fictifs à partir des informations fournies par l'expérimentateur. Le paradigme des juges permet ainsi de repérer les normes sociales sur la base desquelles les individus sont évalués : les individus se conformant à ces normes devant être mieux évalués que ceux ne s'y conformant pas. Le paradigme de l'autoprésentation permet, quant à lui, de déterminer dans quelle mesure les individus se conforment effectivement à ces normes sociales. Les sujets doivent indiquer ce qu'ils choisiraient de dire ou de faire dans une situation donnée, d'abord avec une consigne neutre, puis dans le but explicite de renvoyer une bonne image d'eux-mêmes (consigne pro-normative) vs une mauvaise image d'eux-mêmes (consigne contre-normative). On s'attend ainsi à ce que les sujets soient capables d'identifier les réponses socialement valorisées et de s'y conformer (réponses spontanée, et a fortiori consigne pro-normative) ou, le cas échéant, de s'en éloigner (consigne contre-normative).

Financement - Ressources

PREDIT n° 03 MT 39 (groupe Opérationnel n° 4)

Résultats

Au total, nous avons réalisé sept expérimentations pour ARCOS sur une période d'un an. Environ 2500 personnes représentatives de la population ont participé à ces expérimentations. Les six premières expérimentations portent sur le lien entre le sentiment de contrôle et l'acceptabilité des dispositifs. Les résultats obtenus sont conformes à nos attentes. Les dispositifs ARCOS ne font nullement l'objet d'un rejet. Les personnes interrogées s'attendent notamment à ce qu'ils augmentent leur confort, la confiance qu'elles ont dans leur conduite, et surtout leur sécurité en voiture. Toutefois, il apparaît clairement, sur tous les indicateurs que nous avons retenus, que les modes peu automatisés sont socialement plus acceptables que les modes très automatisés. En effet, le jugement porté sur l'utilisateur d'un dispositif d'aide à la conduite, qu'il s'agisse d'autrui (paradigme des juges) ou de soi-même (paradigme de l'autoprésentation), est d'autant plus défavorables que le dispositif utilisé laisse peu de contrôle à l'individu sur sa conduite. La septième expérimentation, conduite en marge de notre axe de recherche principal ouvre sur une nouvelle perspective de recherche concernant l'attribution naïve de responsabilité en cas d'accident et permet de faire le lien avec la problématique de l'acceptabilité juridique. Nous pensons, en effet, qu'il conviendrait, dans de futures recherches, d'étudier plus directement le lien entre le sentiment de contrôle, l'attribution de responsabilité et la décision d'utiliser un dispositif d'aide à la conduite.

Contacts

  • Nom/Titre : Alain SOMAT
  • Organisme : LAUREPS CS 24 307
  • Adresse : Place du recteur Le Moal 35043 Rennes Cedex - Tel : 02.99.14.19.55
  • Email : alain.somat@uhb.fr
  • Contact ministère : Laurent RICCI - MTETM/DRAST - laurent.ricci@equipement.gouv.fr

Informations complémentaires

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