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Besoins et stratégies des femmes pro-voiture

ETUDE

La recherche a porté sur les motivations, les besoins et stratégies de mobilité des femmes ’pro-voiture’, mais surtout sur leurs représentations et leurs freins à l’égard des transports en commun afin de dégager des pistes pour le changement de leurs attitudes, et de leurs comportements en matière de modes de déplacement.

Année d'élaboration :

2003

Méthodologie

L'étude a eu comme terrains d'investigation la proche banlieue parisienne (principalement Nanterre) et Rennes et son district, auprès de femmes possédant une voiture et l'utilisant pour aller au travail bien que décrivant leur quartier comme étant bien desservi par les transports en commun. C'est cette notion de choix de la voiture qui nous a permis l'identification des femmes interrogées à partir d'un questionnaire filtre. L'investigation s'est déroulée comme suit : - une phase exploratoire constituée de 4 groupes ( 2 dans chaque région),2 composés de femmes identifiées comme des pro-voiture, et 2 groupes de femmes identifiées comme des pro-transports en commun, - une phase d'approfondissement menée auprès de 40 femmes pro-voiture par entretiens ouverts :25 à Rennes et 15 à Paris.

Résultats

La recherche fait apparaître des convergences et des divergences entre la banlieue parisienne et Rennes en termes de gestion du temps, de vécus et représentations de la ville et des transports en commun. La gestion du temps est un facteur de stress chez les femmes de la région parisienne. Plus que les rennaises, elles se décrivent dans une course frénétique, où l'outil voiture est perçu comme d'autant plus utile pour répondre à leurs préoccupations quotidiennes, aussi bien professionnelles que privées. Cette différence de rythme de vie est un indice d'un besoin de mobilité différent entre la région parisienne et Rennes. A Rennes, la circulation en voiture est vécue comme visant à être interdite à terme dans la ville. Il existe une ' guerre ' des véhicules : une hostilité à l'égard des bus, décrits comme encombrants et dangereux. Les bus véhiculent de surcroît une image dévalorisante au point de vue social. Ce racisme de classe n'apparaît pas en région parisienne, où les transports en commun sont perçus comme faisant partie intégrante de la ville et destinés à toutes catégories d'individus. Le projet du Val à Rennes et surtout les travaux qu'il génère sont perçus comme mettant en danger le coeur historique de la ville. A l'issue de cette recherche, il a pu être dégagé une esquisse de typologie de femmes pro-voiture qui éclaire sur les possibilités de les faire changer de pratiques de déplacement. - Les femmes pro-voiture ' absolues ' se caractérisent par un réel amour de l'objet voiture et de la conduite aussi bien sur route qu'en ville, ont eu leur permis du premier coup, préfèrent les grosses voitures, roulent vite et avec un grand plaisir. Leur réticence à prêter leur voiture est un des indices de l'appropriation qu'elles ont développé envers cet objet. - Les femmes pro-voiture ' relatives ' considèrent la voiture comme un objet utilitaire qu'elles ne sacrifieraient pas de façon permanente, car il reste l'outil de déplacement qui répond le mieux à leurs besoins en ville principalement. Elles préfèrent des petites voitures citadines, n'ont pas une grande assurance au volant, qu'elles laissent le plus souvent à leur conjoint sur route. Même si la première catégorie semble plus difficile à attirer vers les transports en commun que la deuxième, il subsiste des constantes dans les attentes. La perte d'argent en contraventions et les embouteillages sont des facteurs qui pourraient inciter au passage aux transports en commun mais à condition que ceux-ci soient plus accueillants, qu'ils répondent au besoin de s'approprier les lieux tel que les femmes le font actuellement avec leur voiture. La garantie de pouvoir lire en transports en commun, la possibilité de se créer un ' espace ' psychologique à soi est la condition du changement principalement évoquée. Mais les demandes de services portent aussi sur des relations sociales agréables entre usagers et agents de transports, et entre usagers eux-mêmes. Enfin, la notion de spectacle, de services culturels sont fortement attendus. La recherche propose plusieurs pistes de développement de services et d'amélioration d'image des transports en commun qu'il conviendra d'approfondir avec chacun des réseaux de transporteurs concernés.

Contacts

  • Nom/Titre : Catherine - ESPINASSEPeggy BUHAGIAR
  • Adresse : 3 bis rue des Lyonnais 75005 Paris