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Effets de la morphologie des réseaux routiers sur la dépendance automobile

ETUDE

La dépendance est un effet indésirable dû à un processus de boule de neige dans le développement du système automobile.

Ce processus creuse l’écart antre le niveau de service qui s’offre à l’automobiliste et précipite inéluctablement ceux qui ne sont pas motorisés vers l’automobilité.

La dépendance traduit le fait qu’en cas de sevrage collectif et forcé (pour des raisons écologiques comme l’effet de serre, par exemple) les automobilistes subiraient un préjudice équivalent à l’écart creusé

Année d'élaboration :

2002

Méthodologie

Si l'on recherche des politiques efficaces de modération de la dépendance automobile, il faut revenir à ce qui constitue l'essence même du processus. Elle ne trouve pas son origine dans les villes (ni dans les campagnes) mais dans le développement d'un système automobile qui n'en respecte pas les limites. La dépendance automobile procède de mécanismes circulaires dus à de multiples interactions à l'intérieur du système automobile, interactions dont les agents tirent un avantage croissant tant qu'ils en font partie, que le système fonctionne et se développe. Trois effets ont été identifiés : un effet de club (lié à la détention du permis de conduire), un effet de parc (lié à la possession d'un véhicule), un effet de réseau (lié à la circulation sur le routes). C'est précisément sur ces mécanismes qu'il faut intervenir. On est ainsi conduite à envisager plusieurs lignes d'action. La première concerne les véhicules automobiles et ne fait pas partie de cette étude. La seconde porte sur l'infrastructure routière et plus précisément la morphologie des réseaux routiers. Elle a pour but principal la maîtrise de l'effet de réseau mais peut avoir une influence secondaire sur l'effet de club. La troisième joue à la fois sur les trois effets générateurs de la dépendance : l'effet de club, l'effet de parc et l'effet de réseau.

Résultats

L'effet de réseau participe de la dépendance automobile. Un réseau dans lequel certains axes routiers concentrent les itinéraires mène, via des augmentations de capacités des infrastructures, à des accroissements de vitesse, qui accroissent les accessibilités, ce qui accroît le trafic sur ces axes, ce qui conduit à en améliorer les performances et ainsi de suite. Pour rompre ce cercle, la modélisation d'ensemble de cet effet est pour l'instant hors de portée. A défaut, on a déterminé l'impact d'une politique, qui à l'échelle régionale, rendrait le réseau plus connectif et moins arborescent. Une telle politique doit conduire, en moyenne, à limiter la croissance de la vitesse sur le réseau. Mais, pour être acceptable, elle ne doit pas dégrader le niveau de service offert à l'automobiliste. Enfin, économiquement, elle ne doit pas amener des surcoûts d'investissement ou de maintenance prohibitifs. En l'absence d'un modèle complet de l'effet de réseau, le renforcement du maillage sur le réseau principal peut contribuer efficacement à la modération des accroissements de vitesse, donc de la dépendance automobile. Il faut noter enfin que ce type d'action sur les réseaux routiers n'implique pas la réalisation physique de nouvelles infrastructures. L'utilisation de technologies électroniques de balisage et de guidage peut être envisagée pour parvenir aux mêmes résultats.

Contacts

  • Nom/Titre : G. DUPUY
  • Organisme : Université Paris X Nanterre
  • Adresse : 200 Avenue de la République 92001 Nanterre cedex