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Mobilité et grande pauvreté

ETUDE

Dans un contexte de croissance des disparités sociales et spatiales, d’étalement urbain et d’augmentation de la disjonction habitat - emploi, la question de l’accessibilité de tous à la ville et à ses services est posée, notamment pour les personnes à plus faible revenu. L’objectif de la recherche était donc de tester en quoi le système de transport, et notamment les mesures relatives au coût du transport, contribuent ou compensent en partie les phénomènes d’exclusion repérés par ailleurs.

Année d'élaboration :

2001

Méthodologie

Après une analyse globale des politiques menées sur l'ensemble des réseaux, une analyse fine des politiques sociales et tarifaires a été effectuée sur trois réseaux de Transport Public Urbain spécifiques. Elle a été complétée par une enquête auprès des structures d'accueil (CCAS, Missions Locales, PAIO...).

Résultats

La mise en évidence tout à la fois de la perception croissante de l'importance des freins liés au transport et de la réalité du phénomène conduisent à interroger les dispositifs existants d'aide au transport, et plus généralement, les politiques sociales dans leur ensemble. La demande exprimée, à travers les carnets de bord remplis au cours d'une semaine dans 120 structures d'accueil et d'insertion, confirme la réalité de l'existence de demandes d'aide au transport, tous motifs, plus précisément de manière non négligeable des motifs liés aux démarches administratives ou à la vie quotidienne. Le frein essentiel est lié aux difficultés financières des personnes. Moins de 15 % de la demande effective d'aide au transport semble pouvoir être reliée à des questions d'offre, pour des déplacements hors ville centre, dans ou hors périmètre des transports urbains. Notre enquête confirme le poids important des jeunes, des femmes notamment retraitées, des familles monoparentales ou des célibataires dans les populations les plus défavorisées. Parmi ces personnes ou ménages, si le chômage ou le RMI sont le lot des trois quarts des personnes recensées comme ayant formulé des demandes d'aide au transport, on peut également relever la part non négligeable (6 %) de salariés, ' les salariés pauvres '. Des évolutions tarifaires certaines... Les évolutions tarifaires mises en évidence confirment le développement de mesures fortes de tarification sociale (abonnements gratuits ou très réduits...) dans les réseaux français, et notamment les plus gros au cours des années 90. Le fait marquant, au cours de la période analysée (93-99) est l'apparition de tarifs très réduits qui, ciblés sur les populations les plus précarisées, procèdent d'une logique de redistribution, dont les bénéficiaires n'en sont pas moins clients à part entière de l'opérateur transport. Toutefois, cette évolution vers des politiques ciblées en fonction du statut et du revenu laisse de nombreuses personnes en dehors du filet des politiques tarifaires sociales. Ces personnes peuvent être exclues de par leur statut, comme les chômeurs non déclarés mais aux revenus effectivement très faibles voire inexistants ou les jeunes, très souvent écartés des mesures fortes de réduction tarifaire, ou encore les salariés ' pauvres ', parce qu'ils ont un emploi. Ils peuvent être également exclus des mesures sociales par un simple dépassement des seuils définis, ce qui se traduit parfois par du tout (gratuité) ou rien (pas de réduction). Cela milite à la fois pour une nécessaire continuité des dispositifs, selon les revenus et une approche individualisée, car des besoins ponctuels existent, auxquels il est difficile de répondre par des politiques globales.

Contacts

  • Nom/Titre : Dominique MIGNOT
  • Organisme : LET-ENTPE
  • Adresse : 2 rue Maurice Audin,69518 Vaulx en Velin cedex
  • Email : dominique.mignot@entpe.fr

Document(s) disponible(s)

165-R00MT07.pdf - 1 octets