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Pratique de la modélisation dans les collectivités locales françaises

ETUDE

Dans un contexte d’utilisation croissante de la modélisation à des fins de prévisions de trafic, l’objet de notre recherche était de repérer de grandes familles de comportements de modélisation au sein des Collectivités Locales, et de dresser un bilan des axes de recherche qu’il pourrait être intéressant d’approfondir afin d’améliorer les pratiques et de mieux satisfaire les attentes.

Année d'élaboration :

2002

Méthodologie

Afin de répondre à cette question, nous avons abordé le problème selon 4 axes d'analyse différents, sur lesquels nous avons interrogé une quinzaine de Collectivités représentatives : Axe 1 - Existence et intensité des processus de modélisation Axe 2 - Attentes et insatisfactions des Collectivités Axe 3 - Formes d'organisation autour des processus de modélisation Axe 4 - Image et usage de la modélisation

Résultats

Sur le premier axe, s'il est apparu que la modélisation était une pratique relativement courante, il est en revanche également apparu que les objectifs poursuivis pouvaient différer assez fortement d'une Collectivité à l'autre, ces différences étant souvent liées à la taille et aux moyens des Collectivités interrogées. Pour ce qui est de l'utilité des processus de modélisation, là encore celle-ci est jugée de façon différente d'une Collectivité à l'autre, les plus rompues à cette pratique ayant un regard plutôt bienveillant sur le rôle notamment pédagogique de la modélisation, les autres faisant preuve de davantage de circonspection, circonspection liée notamment à la difficulté qu'elles rencontrent dans l'interprétation et l'utilisation des résultats issus de la modélisation. Sur le second axe, les réponses que nous avons obtenues convergent toutes vers un nombre relativement réduit d'attentes que nous pouvons organiser de la façon suivante : les attentes relatives à la gestion des données associées aux processus de modélisation, les attentes relatives à la forme des modèles et outils employés et les attentes relatives au fond et aux problématiques adressées par les modèles. Là encore, des distinctions doivent être opérées entre les Collectivités les moins rompues à la modélisation (pour lesquelles les principaux besoins se situent au niveau de la simplification des modèles, de l'amélioration de la convivialité des logiciels, de la facilitation / rationalisation des processus d'accès aux données nécessaires à l'alimentation des modèles, et d'une meilleure utilisation des résultats de modélisation) et celles plus rompues à ces techniques (pour lesquelles les attentes se portent davantage sur une réelle volonté de progression sur le fond des modèles, qui doivent devenir moins mécanistes, plus explicatifs, et permettre par là-même à leurs utilisateurs d'aller plus loin dans leurs analyses et dans les réponses qu'ils peuvent apporter aux élus). Sur le troisième axe, des différences assez nettes apparaissent d'une Collectivité à l'autre, notamment au niveau de la gestion des compétences, certaines privilégiant l'internalisation systématique (les plus grosses), d'autres la sous-traitance systématique (les plus petites) et les dernières une gestion mixte dépendant de la complexité des études à mener. Cela dit, des points de consensus forts apparaissent également au niveau : d'une part de la reconnaissance de l'utilité des démarches de partenariat (qui apparaissent très répandues), et d'autre part d'une réelle insatisfaction vis-à-vis des démarches de capitalisation interne des connaissances, qui ressortent systématiquement comme un axe d'amélioration nécessaire. Sur le dernier axe enfin, les techniciens interrogés au cours de cette étude expriment à peu près tous la même impression, celle d'une certaine indifférence ou ignorance des responsables politiques vis-à-vis de la modélisation, sauf semble-t-il lorsque les résultats de ladite modélisation sont contraires à leurs préférences. La modélisation est plutôt perçue comme un point de passage obligé (une contrainte et un coût), à laquelle on s'intéresse cependant lorsqu'il s'agit de justifier des choix d'opportunité politique. Cela dit, les enjeux politiques liés au développement des TCSP dans les villes de taille moyenne, et la complexification du système d'organisation des déplacements contribuent semble-t-il progressivement à faire connaître et à réhabiliter la modélisation auprès des élus, celle-ci pouvant servir à la fois d'outil d'aide à la médiation (dans le cadre de la concertation publique par exemple) et d'outil d'aide à la réflexion prospective (dans le cadre de la modification des échelles territoriales par exemple).

Contacts

  • Nom/Titre : Arnaud LAROCHE
  • Organisme : GESMAD
  • Adresse : 55, rue du Faubourg Montmartre - 75009 Paris T
  • Email : laroche@gesmad.fr